Description
Ils se saisirent du fils bien-aimé, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne
Intervenant : Berger Mathurin Barboza
📖PREMIÈRE LECTURE
« Les dons promis, si précieux, nous sont accordés, pour que, par eux, vous deveniez participants de la nature divine »
— 2 P 1, 2-7
✍🏼Lecture de la deuxième lettre de saint Pierre apôtre
Bien-aimés,
que la grâce et la paix
vous soient accordées en abondance
par la vraie connaissance de Dieu
et de Jésus notre Seigneur.
Sa puissance divine nous a fait don
de tout ce qui permet de vivre avec piété,
grâce à la vraie connaissance de celui qui nous a appelés
par la gloire et la force qui lui appartiennent.
De la sorte nous sont accordés les dons promis,
si précieux et si grands,
pour que, par eux, vous deveniez participants de la nature divine,
et que vous échappiez à la dégradation
produite dans le monde par la convoitise.
Et pour ces motifs, faites tous vos efforts
pour joindre à votre foi la vertu,
à la vertu la connaissance de Dieu,
à la connaissance de Dieu la maîtrise de soi,
à la maîtrise de soi la persévérance,
à la persévérance la piété,
à la piété la fraternité,
à la fraternité l’amour.
– Parole du Seigneur.🙏🏽
📖🎼🎼PSAUME
Ps 90 (91), 1-2, 14-15ab, 15c-16
R/ Mon Dieu, je suis sûr de toi !
Quand je me tiens sous l’abri du Très-Haut
et repose à l’ombre du Puissant,
je dis au Seigneur : « Mon refuge,
mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »
« Puisqu’il s’attache à moi, je le délivre ;
je le défends, car il connaît mon nom.
Il m’appelle, et moi, je lui réponds ;
je suis avec lui dans son épreuve.
« Je veux le libérer, le glorifier ;
de longs jours, je veux le rassasier,
et je ferai qu’il voie mon salut. »
🟥📖ÉVANGILE
« Ils se saisirent du fils bien-aimé, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne »
— Mc 12, 1-12
Acclamation :
Alléluia. Alléluia.
Jésus Christ, témoin fidèle,
premier-né d’entre les morts,
tu nous aimes, et par ton sang
tu nous délivres du péché.
Alléluia.
— Ap 1, 5ab
💕Quand Dieu frappe à la porte du cœur
Saint Justin, martyr
Couleur liturgique : rouge
✍🏼Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 12, 1-12
En ce temps-là, Jésus se mit à parler en paraboles aux chefs des prêtres, aux scribes et aux anciens : « Un homme planta une vigne, il l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Le moment venu, il envoya un serviteur auprès des vignerons pour se faire remettre par eux ce qui lui revenait des fruits de la vigne. Mais les vignerons se saisirent du serviteur, le frappèrent, et le renvoyèrent les mains vides. De nouveau, il leur envoya un autre serviteur ; et celui-là, ils l’assommèrent et l’humilièrent. Il en envoya encore un autre, et celui-là, ils le tuèrent ; puis beaucoup d’autres serviteurs : ils frappèrent les uns et tuèrent les autres. Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé. Il l’envoya vers eux en dernier, en se disant : “Ils respecteront mon fils.”
Mais ces vignerons-là se dirent entre eux : “Voici l’héritier : allons-y ! tuons-le, et l’héritage va être à nous !” Ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne. Que fera le maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons, et donnera la vigne à d’autres. N’avez-vous pas lu ce passage de l’Écriture ? La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! » Les chefs du peuple cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. – Ils avaient bien compris en effet qu’il avait dit la parabole à leur intention. Ils le laissèrent donc et s’en allèrent.
- Acclamons la Parole de Dieu.🙏🏽
Prière
Seigneur, je t’offre ma journée, mes joies et mes peines. Que chaque instant de ma journée soit une pierre vivante bâtie sur ton amour pour ta gloire et le service de mes frères.
Demande
Seigneur, apprends-nous à accueillir ton Fils avec foi afin de faire fructifier la vigne que tu nous confies.
Réflexion
1 — La vigne ne nous appartient pas
Le maître a tout préparé avec soin : la vigne, la clôture, le pressoir, la tour. Rien n’est laissé au hasard. Avant même l’arrivée des vignerons, tout est prêt pour qu’ils portent du fruit. Cela révèle la bonté prévenante de Dieu. Avant que nous existions, Dieu avait déjà pensé à nous, aimé notre âme, préparé les grâces nécessaires à notre sanctification.
Notre vie ressemble à cette vigne confiée. Notre baptême, notre foi, les sacrements, l’Église, la Parole de Dieu, les talents reçus, notre famille, notre vie : tout cela nous est donné. Rien n’est pure propriété personnelle. Nous gérons des dons confiés pour la gloire de Dieu et le service des autres.
Or le péché commence souvent là : croire que tout m’appartient. Mon temps, mon argent, mon corps, mes projets, ma vocation. Je peux alors vivre comme si Dieu était absent, comme si je n’avais de compte à rendre à personne. C’est l’illusion des vignerons : ils oublient le maître et s’installent à sa place.
On peut être fidèle à la messe dominicale, engagé en paroisse, présent dans diverses associations caritatives… et pourtant garder intérieurement un esprit de possession : « mon groupe », « ma mission », « mes habitudes », « ma manière de faire ». Dès que l’ego s’installe, la vigne cesse de produire le fruit attendu. Le Seigneur nous invite aujourd’hui à redevenir serviteurs joyeux. Tout vient de lui, tout retourne à lui. La vraie liberté n’est pas de posséder, mais d’offrir.
Dans quels domaines de ma vie est-ce que je me comporte comme propriétaire, alors que Dieu m’appelle à être simple intendant ?
2 — Dieu ne se lasse pas d’envoyer ses messagers
Ce qui frappe dans cette parabole, c’est la patience du maître. Il envoie un serviteur, puis un autre, puis encore d’autres. Malgré les refus, malgré la violence, il recommence. Cette persévérance dit quelque chose de bouleversant sur le cœur de Dieu : il ne renonce pas facilement à l’homme.
Combien de fois Dieu nous parle-t-il ? Par une homélie entendue à la messe, un passage de l’Écriture, une confession marquante, le conseil d’un ami, une épreuve, une consolation intérieure, la vie d’un saint, un appel discret à changer… Dieu multiplie les visites. Il cherche notre conversion avec une délicatesse infinie.
Mais nous pouvons ressembler aux vignerons lorsque nous résistons à ces appels. Nous entendons, mais nous remettons à plus tard. Nous ressentons parfois une tiédeur spirituelle, une superficialité dans la prière… mais nous laissons les choses en place. Le danger est souvent dans cette petite surdité quotidienne. On n’expulse pas Dieu brutalement mais on l’ignore doucement.
Pourtant, la patience divine est une source immense d’espérance. Si Dieu insiste, c’est qu’il croit encore en notre fécondité. Si le Seigneur me reprend, me corrige, me dérange, c’est qu’il ne m’abandonne pas. Tant que Dieu parle, la conversion est possible.
Aurai-je repoussé récemme…